Le deuxième roman de Muriel Barbery, l’Elégance du hérisson, est un de ces rares romans qui passe entre toutes les mains avec le même bonheur, provoquant une irrésistible envie de l’offrir tout autour de soi. On le lit avec amusement, et on en parle avec des étincelles dans les yeux…
Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’image que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.
Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal à poissons, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais ? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C’est pour ça que j’ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai.
A la lecture de cette quatrième de couverture, on est obligé d’avoir envie de pousser la porte de ce 7 rue de Grenelle pour y découvrir ses habitants. Au fil des pages et des jours passés à observer ce petit microcosme avec les yeux d’une concierge décidément pas comme les autres et d’une gamine qui a tout sauf envie de finir dans ce bocal à poisson, on réalise combien les apparences peuvent être trompeuses, combien l’amitié est précieuse et à quel point le monde peut être beau, si tant est qu’on se donne la peine de le regarder…

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