Mon coming out ne date pas d’hier, je l’ai fait à 20 ans quand j’en ai eu marre de faire passer ma copine de l’époque pour ma coloc. C’est passé comme une lettre à la poste, ma mère ayant en tête que ça n’était qu’une passade. Mais pour la copine d’après, elle a déchanté. J’ai entendu tout ce qu’on peut entendre comme réaction sur le sujet, je m’y étais préparée, et j’ai plutôt bien encaissé - même si son “Mais au moins est-ce que tu as des amis normaux ?” m’a secouée…
Mais la sortie du placard, ce fameux coming out, on ne le fait pas qu’une fois dans sa vie…
Après le “maman / papa, je suis homo”, il y a les nouveaux collègues de fac, les nouveaux collègues de boulot, les copines du club de sport… et si l’on n’est pas du genre butch qui n’offre aucune équivoque sur son orientation sexuelle, le monde autour de soi finit par se partager en deux : entre ceux “qui savent” et les autres…
Autant il y a chez certains quelque chose qui me retient de me dévoiler complètement, autant je n’ai jamais aimé parler de ma copine comme de mon mec pour donner le change. J’ai vite appris à manier la langue parlée avec toutes les possibilités qu’elle offre de maintenir le sexe de l’ami(e) dont je parle non explicite. Entend le “e” qui veut… Si les oreilles à qui je parle n’imaginent même pas que je parle de mon amie, avec un e, tant pis pour elles.
C’est ainsi que depuis plus d’un an je bosse avec une équipe que j’apprécie, sans avoir jamais lâché cet effort de langage… tout ça parce qu’un ou deux éléments à l’origine ne me mettaient pas en confiance. Et voilà que depuis quelques temps, j’ai envie de bloguer. Et j’en ai parlé un de ces jours à la pause café…
” Alors ton blog ?
- Hm… j’y travaille…
- Bon tu nous donneras son adresse
- Oui, oui…
- Et il va parler de quoi ? De CSS ?
- Euh, non, j’ai pas envie de parler boulot… ”
Bing ! Voilà comment près de 15 ans après mon premier coming out, je me retrouve avec les mêmes questions - comment vont-ils le prendre ? qu’est-ce qu’ils vont penser du fait que je n’ai rien dit plus tôt ?
Alors histoire de ne pas tourner autour du pot et de vite me libérer de ce poids, je me devais de commencer par ça : oui, je suis gay !
Oufff…

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